Au vu des inscriptions, nous devions être 13 pour cette randonnée, la première de l’année 2026, mais les prévisions météo prévoyaient des entrées maritimes accompagnées de pluie. Malgré ces conditions météo, il n’avait pas été enregistré de défection et la randonnée avait été maintenue. Le trajet pour se rendre au point de rendez-vous s’était fait sous la pluie, mauvais augure, les abandons de dernière minute étaient à craindre. En attente sur le parking, les arrivées des participants ravivaient l’espoir, la crainte d’effectuer cette randonnée seul s’éloignait. Finalement, nous nous sommes bien retrouvés à 13 comme prévu.
Tout en s’équipant nous avons échangé nos vœux pour la nouvelle année. 9 h 40, il était temps de démarrer. C’est sous une petite pluie que nous nous sommes engagés d’un bon pas sur le chemin du Tunnel. Le temps maussade n’entamait pas la bonne humeur qui régnait dans le groupe. Le chemin du Tunnel emprunte le tracé de l’ancienne voie ferrée de la ligne qui reliait Montpellier-Chaptal à Rabieux. Cette ligne fut mise en service entre 1892 et 1896 par la Compagnie des chemins de fer d’intérêt local du département de l’Hérault. Elle ferma progressivement de 1951 à 1963. La ligne était utilisée pour transporter les denrées et marchandises produites dans la région : vin, raisin de table, olive confite, matériaux de construction, bauxite. De plus, elle permettait également d'approvisionner les populations locales en pailles, fourrages, engrais, charbon, essence, matériel agricole, matériaux et bois de construction, bétail, produits alimentaires et houille. Le vin et le raisin étaient les principaux produits transportés.
Après avoir franchi un premier viaduc nous sommes arrivés à l’entrée d’un tunnel long de 300 m plongé dans l’obscurité. Les lampes frontales et les torches de téléphone nous ont permis de le traverser sans incident. Deux viaducs plus loin, nous nous sommes arrêtés en bordure de "voie" et à l’abri des arbres pour la pause-café, moment toujours apprécié en randonnée permettant d’échanger et de partager.
Après un peu plus de 3 km taillés dans le rocher sur cette ancienne voie ferrée, nous sommes partis plein nord jusqu’à la route Puéchabon-Argelliers avant de rejoindre le Mas Laval, abandonné. Le lieu fut retenu pour la pause casse-croûte, le couvert des arbres nous protégeant du crachin.
Le pique-nique terminé, nous nous sommes remis en route toujours accompagnés par cette petite pluie. Fort heureusement le ruisseau des Corbières était à sec et c’est dans le lit caillouteux du rieussec que nous sommes remontés jusqu’à la chapelle Saint-Laurent et sa source marquant la fin de cette randonnée, longue de 14,5 km avec un dénivelé de 250 m.
Jean DUBEAU