Éliane SCHIFFER (19 septembre 2018)


Nous avons le regret de vous faire part du décès de madame Éliane SCHIFFER, le 19 septembre 2018, à l'âge de 81 ans.

Éliane, veuve du général Terre/ABC Pierre Schiffer décédé en 2003, a été jusqu'à ce que son état de santé ne le permette plus, en 2016, la vice-présidente-conseillère du collège "veuves" de notre groupement.

Son aura, son élégance naturelle, son sourire permanent, son dévouement au service des autres en ont fait une icône de notre grande famille.

Son état de santé était tel que son rappel à Dieu est une délivrance.

Le président du groupement a fait part de notre grande tristesse à son fils Thierry.

 

Ses obsèques seront célébrées le lundi 24 septembre à Notre-Dame de la Paix (route de Lavérune – Montpellier) à 9h30.

Le corps d’Éliane sera exposé à partir du 20 septembre dans un des salons du centre funéraire (PFG,  685 rue de Puech Villa Parc Euromédecine, 34000 MONTPELLIER).


Hommage à madame Éliane Schiffer

par Claude Gradit le 24 septembre en l’église ND de la Paix de Montpellier

 

Chère famille Schiffer,

Vous pouvez être fiers de vos parents, grands-parents et arrière-grands-parents.

Éliane occupait une grande place dans notre communauté et je m’exprime aussi au nom du général Delclos, délégué de la Saint-cyrienne et président de l’Amicale des anciens cavaliers et de madame Brunner, déléguée de l’ANFEM Montpellier.

 

Chère Éliane, veuve depuis 15 ans de ton cher Pierre, le général Schiffer, officier de cavalerie, délégué de la Saint-cyrienne pour l’Hérault en son temps, tu as toujours su recueillir l’assentiment unanime des personnes que tu côtoyais ou rencontrais.

Chrétienne à la Foi chevillée au corps, tu étais naturellement attentive aux autres. Quand tu as accepté d’assumer les fonctions de Vice-présidente-conseillère du collège des veuves de notre groupement ANOCR, tu ne faisais, en fait, qu’accepter un titre car tu assurais déjà naturellement ce rôle auprès de tes amies. En équipe avec Alix et Éliette, vous avez déployé une intense activité pour soutenir nos adhérentes les plus isolées.

 

Toi, toujours discrète, tu ne dois pas trop apprécier qu’on parle de toi. Alors, en signe de respect, je vais avoir recours à une parabole. Je l’ai entendue d’un prêtre qui en avait fait son homélie pour le rappel à Dieu d’une de nos adhérentes, il y a quelques années. Elle te correspond si bien. Mais d’autres, ici présentes, s’y reconnaitront aussi.

 

Et Dieu créa la femme… de militaire.

Le Bon Dieu était en train de créer un modèle de femme de militaire. Il en était à son sixième jour de travail supplémentaire, quand un ange est apparu.

Celui-ci dit : « Seigneur, il semble que vous ayez là beaucoup de soucis. Qu’est-ce qui ne va pas avec ce modèle ? »

Le Seigneur répondit : « Avez-vous lu les instructions concernant cette commande ? Cette femme doit être totalement indépendante, posséder les qualités à la fois du père et de la mère, être une parfaite hôtesse pour quatre invités comme pour quarante et ce, avec une heure de préavis, « marcher » au café noir, parer à toute urgence sans manuel, être capable de poursuivre ses activités allègrement, et même si elle est enceinte et grippée. Cette femme doit aussi bien pouvoir déménager dans un nouvel endroit dix fois en dix-sept ans. Ah ! Et puis elle doit avoir quatre bras. » L’ange secoua la tête : « Quatre bras ? Impossible. » Le Seigneur poursuivit : « Ne vous en faites pas. Nous ferons d’autres femmes de militaire pour l’aider. Et nous la doterons d’un cœur particulièrement fort pour qu’il puisse se gonfler de fierté au récit des exploits de son mari, supporter la douleur des séparations, continuer à battre régulièrement  quand elle est débordée et fatiguée et être assez grande pour dire ‟je comprends” quand elle ne comprend pas et dire ‟je t’aime” sans réserve. »

« Seigneur ! », dit l’ange en lui touchant doucement le bras, « allez vous coucher et prenez un peu de repos. Vous pourrez terminer demain. »

« Je ne peux pas m’arrêter maintenant » dit le Seigneur, « je suis si près de réussir à créer quelque chose d’unique. Déjà ce type de femme se guérit toute seule quand elle est malade, peut héberger six invités imprévus pour le week-end, dire au revoir à son mari sur un quai, une piste ou dans une gare et comprendre pourquoi c’est important qu’il parte. »

L’ange fit le tour du modèle de la femme de militaire, la regarda de près et soupira : « Elle a l’air bien mais elle est trop douce. » « Elle a peut-être l’air doux », répliqua le Seigneur, « mais elle a la force du lion. Vous n’imaginez pas tout ce qu’elle est capable de supporter ! »

Finalement, l’ange se pencha et fit courir son doigt sur la joue de la création de Dieu. « Il y a une fuite » annonça-t-il. « Quelque chose ne va pas dans cette construction. Je ne suis pas surpris qu’il y ait une fissure. Vous essayez d’en mettre trop dans ce modèle. »

Le Seigneur parut offensé par le manque de confiance de l’ange. « Ce que vous voyez là n’est pas une fuite  dit-il, mais une larme. » « Une larme ? Pourquoi donc ? » demanda l’ange.

Le Seigneur répondit : « C’est pour la joie, la tristesse, la douleur, la déception, la solitude, la fierté et c’est une dédicace : toutes les valeurs auxquelles son mari et elle sont attachés. »

« Vous êtes un génie ! » s’exclama l’ange.

Le Seigneur parut embarrassé : « Mais la larme, ce n’est pas moi qui l’ai mise là. » dit-il…

 

Chère Eliane, cet hommage te dépeint à merveille. Tu étais l’élégance du cœur et de l’esprit. Même atteinte par ton mal qui te privait d’expression orale, tu es restée digne, affichant toujours ce merveilleux sourire et acceptant l’épreuve. Nous avons souffert avec toi.

Je garderai de toi le souvenir de ton visage quand, navigant sur le Mékong, au soleil couchant, tu étais émerveillée par le paysage qui nous entourait et à la fois préoccupée par la dureté de la vie des habitants que nous apercevions.

Au nom de tous tes amis au féminin comme au masculin, nous te disons merci pour tout ce que tu as donné à notre communauté.

Repose en paix, prie pour nous, comme nous prions pour toi.

À Dieu Éliane.